PEREGRINUS

Teaching

2019

WORKSHOP

Ollon/VD

PEREGRINUS est un workshop de construction explorant un habitat minimal pour des pèlerins en route sur la Via Francigena. Deux refuges ont été construits en dix jours par 20 étudiants pendant l’assemblée d’EASA TOURIST 2019 à Villars-sur-Ollon. Ces petits habitats ont été conçus pour le jardin et le domaine de l’Abbaye de Salaz à Ollon. Le thème TOURISM a servi de ligne directrice pour la conception de ce workshop, avec comme intention de questionner les besoins minimaux pour un habitat temporaire traduit sous forme architecturale. Une cabane primitive dont les racines viennent d’un chemin de pèlerinage majeur en Europe.

La Via Francigena lie Canterbury à Rome et traverse le territoire suisse sur 215 km. Passant par le Jura, le chemin longe le Léman, passe par l’Abbaye de St-Maurice, puis monte le col du St-Bernard. Avant de passer par St-Maurice, le tracé sillonne devant l’Abbaye de Salaz, ancienne dépendance de la première. On y produisait la majorité des denrées pour l’abbaye de St-Maurice. Aujourd’hui l’Abbaye de Salaz, la Famille Huber-Kropf y produit du vin et offre un logis aux pèlerins sur leur route pour Rome. Le territoire autour de ce domaine est un contexte rural idéal pour travailler sur le projet.

En considérant cet héritage, la base du design était de questionner la notion d’abri dans notre monde hautement axé sur la technologie ainsi que son statut dans le contexte du tourisme Européen. Les pèlerins transportant seulement le strict nécessaire, de quel espace ont-ils besoin pour le repos? Le couple d’abris protègent de la pluie, du soleil et isolent le pèlerin de l’extérieur par une fine couche de feutre. A la manière d’une tente, le feutre permet des ouvertures contrôlées laissant le pèlerin en connexion directe avec le paysage silencieux de l’environnement.

La construction des deux habitats éphémères explore des matériaux locaux ainsi que des techniques de constructions spécifiques à la Suisse. Le projet part du sapin comme matière structurelle, ainsi que d’une méthode modulaire et pré-montable. Facilement montables et démontables, ces structures s’adaptent à différents sols et topographies. Puis la technique japonaise du “Shou-sugi-ban” fut introduite pour renforcer par calcination les parties soumises aux intempéries. En explorant l’ancestrale relation entre l’extérieur et l’intérieur des habitats minimaux, la peau des abris reste aussi primitive et délicate que possible utilisant du feutre et de la corde de chanvre.
Derrière le projet repose essentiellement l’intention d’interagir avec un contexte naturel et protégé sans y laisser de traces. Se reposer sur un territoire, signifie premièrement de l’habiter, s’y déplacer, le sentir et le toucher pour lentement comprendre ses propriétés et caractéristiques. En montant et démontant le projet dans différents contexte, l’échelle et les références personnelles peuvent être questionnées.

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avec Agathe Mignon, Elena Chiavi et Thibault Smith

photographies © Alexandra Kononchenko

team:

Evelina Bartusevičiūtė, Luís Correia, Leda Demetriadou, Eneida Firaku, Evelyn Flores, Matteo Fontana, Julia Frendo, Lars Gustav Rogne, Ezgi Hoca, Dirk Hoogeveen, Michal Karpeta, Eglė Kliučinskaitė, Yimika Koya, Manogna Murari, Pantelis Ninis, Csongor Nyíri, Dinesh Prasad, Annachiara Squitieri, Noa Akosuka Wilhemi, Daniel Xuereb